La CGT des Hautes-Alpes condamne avec la plus grande fermeté la suppression du Conseil National de la Montagne (CNM), actée sans concertation par un amendement glissé dans le projet de loi de simplification de la vie économique. Cette décision brutale, prise dans le dos des territoires concernés, constitue un abandon pur et simple des enjeux spécifiques aux régions de montagne.
Nos territoires, de par leurs conditions géographiques et économiques particulières, nécessitent des politiques adaptées. Le CNM jouait un rôle fondamental dans cette mission en permettant aux élus, aux représentants syndicaux et aux acteurs locaux de porter des revendications essentielles pour le développement, la protection et l’attractivité des massifs. Sa suppression va priver les territoires de montagne d’un espace de dialogue crucial, menaçant directement l’accès aux services publics, la préservation de l’environnement et l’économie locale, déjà fragilisée par les saisons touristiques de plus en plus instables. Pour notre Union Départementale, cette décision est d’autant plus inacceptable que c’est un membre de la CGT des Hautes-Alpes qui occupe le siège confédéral CGT au sein du CNM : c’est donc aussi la voix des travailleurs et des habitants de nos montagnes qui est muselée.
À cela s’ajoute l’inconséquence totale du gouvernement, qui choisit de démanteler cet outil à la veille de l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver dans les Alpes françaises. Le CNM était un levier clé pour anticiper et gérer les problématiques spécifiques aux régions hôtes d’un tel événement : infrastructures, mobilités, impact environnemental, conditions de travail des saisonniers… Comment prétendre préparer sereinement une échéance internationale d’une telle ampleur sans coordination adaptée des acteurs concernés ? La suppression du CNM est une aberration, qui met en péril non seulement l’organisation des JO, mais aussi l’image de la France sur la scène internationale.
Enfin, cette décision ne tombe pas seule : elle s’inscrit dans une offensive plus large visant à supprimer de nombreuses instances consultatives. Derrière un discours trompeur de « simplification », c’est en réalité une tentative systématique d’éloigner les citoyens des espaces de débat et de décision. En supprimant ces lieux d’expression, le gouvernement renforce la concentration du pouvoir et fait taire les voix des travailleurs, des élus locaux et des habitants qui, pourtant, sont les premiers concernés par les politiques publiques. Ce mépris de la démocratie participative est aussi dangereux qu’inacceptable.
La CGT des Hautes-Alpes exige le rétablissement immédiat du Conseil National de la Montagne et de toutes les instances supprimées, garantes d’un dialogue essentiel entre les territoires et l’État. Nous ne laisserons pas cette manœuvre passer sous silence et appelons tous les acteurs concernés à se mobiliser pour refuser ce passage en force inacceptable.