Orange menace la qualité du service et la sécurité de ses interventions techniques dans les Hautes-Alpes

La CGT des Activités Postales et de Télécommunications des Hautes-Alpes souhaite alerter la population et les élus face à la décision d’Orange de supprimer l’une des deux astreintes en place dans le secteur réseau structurant de son activité technique. Cette restructuration aura des conséquences graves sur les délais d’intervention, la sécurité des techniciens, et la qualité du service public que l’entreprise assure.

Le réseau structurant : un maillon essentiel pour les télécoms

Le réseau structurant constitue l’épine dorsale des télécommunications dans notre département. Il permet le bon fonctionnement des infrastructures téléphoniques et internet à grande échelle, reliant entre elles les différentes antennes, pylônes, et nœuds de fibre optique. Ce réseau est essentiel pour garantir la continuité des services que nous utilisons au quotidien, tels que vos appels téléphoniques et vos connexions internet.

Les techniciens chargés d’intervenir sur ce réseau sont souvent appelés dans des conditions difficiles : interventions de nuit, terrains accidentés nécessitant des 4×4, et travail sur pylônes. Jusqu’à présent, deux astreintes étaient en place pour garantir des interventions rapides et sécurisées. Mais la suppression d’une de ces astreintes va directement impacter la rapidité et la sécurité de ces interventions.

Des délais d’intervention allongés et des procédures complexes

Avec une seule astreinte disponible, un technicien en intervention ne pourra plus compter sur le renfort immédiat d’un collègue en cas de besoin, comme cela était possible auparavant. Désormais, si la situation exige un renforcement, le service en charge des interventions devra contacter, une par une, des personnes volontaires pour intervenir en complément. Ce processus de recherche allongera inévitablement les délais d’intervention, avec des conséquences pour les usagers, notamment en cas de pannes ou d’urgences sur des zones sensibles du réseau.

Des technologies essentielles laissées sans maintenance en heures non ouvrables

Une autre conséquence de cette réorganisation concerne l’absence d’intervention sur des éléments clés du réseau pendant les heures non ouvrables. En cas de panne, plus personne n’interviendra sur les équipements de commutation ou sur les DSLAM en dehors des horaires de bureau.

Ces technologies sont cruciales pour assurer les services de téléphonie fixe et d’internet ADSL. Par exemple :

  • Les commutateurs sont les systèmes qui permettent de connecter vos appels téléphoniques à leurs destinataires. Ils sont essentiels au fonctionnement des lignes fixes.
  • Les DSLAM (Digital Subscriber Line Access Multiplexer) permettent de relier les foyers et entreprises au réseau internet ADSL et fibre optique.

Si ces équipements tombent en panne un soir ou un week-end, la population et les entreprises pourraient être privées de téléphone ou d’internet jusqu’au prochain jour ouvré. Cela impactera particulièrement les habitants des zones rurales qui dépendent de ces services pour communiquer, travailler ou accéder à des services d’urgence.

Des conditions de travail dégradées et une réglementation en retrait

Sur le plan social et juridique, cette restructuration des astreintes est imposée sans tenir compte des avis et retours des salariés qui, sur le terrain, connaissent pourtant les réalités et les besoins du service. Cette réorganisation des astreintes va en deçà des dispositions prévues par le Code du travail concernant la rémunération des heures d’astreinte. Les techniciens se voient ainsi contraints d’accepter des conditions qui ne respectent ni leurs droits, ni la qualité du service qu’ils s’efforcent de maintenir.

L’avenir du service Orange en question

Orange, historiquement reconnue pour la qualité de son service, semble aujourd’hui fragiliser ce qui fait sa force. En réduisant les moyens d’intervention et en dégradant les conditions de travail de ses techniciens, l’entreprise met en péril la continuité et la fiabilité des services téléphoniques et internet, notamment dans les zones les plus isolées.

Nous souhaitons alerter les élus et les citoyens : si Orange continue dans cette voie, quel sera l’avenir de l’entreprise demain ? La qualité de service, qui constitue aujourd’hui un pilier fondamental face aux autres opérateurs, risque de ne plus être une priorité pour ceux qui la dirigent.

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