Il y a le feu chez les pompiers

Le 17 novembre, Laurent Guilloteau de la CGT SDIS était présent aux côtés de la CGT des Hautes-Alpes pour évoquer l’actualité sociale chez les pompiers.

Les SDIS sont malades

« Les SDIS sont malades. » Les mots sont forts, mais résument bien le constat dressé par Laurent Guilloteau. Ces services départementaux d’incendie et de secours, financés par les départements, mènent à bien de nombreuses missions indispensables à notre sécurité.

Seulement, aujourd’hui, les finances ne suivent plus et les pompiers s’épuisent à les maintenir à flot. Ce malaise est à l’image de celui ressenti dans toute la sécurité civile, gendarmerie et police en tête. En résulte un immense sentiment de perte de sens chez les pompiers, pour qui la notion de « service public » revêt pourtant une importance capitale.

Outre les drames environnementaux et humains, les feux de l’été ont été révélateurs de la situation de rupture capacitaire à laquelle font face les SDIS, entraînant même la fermeture de certains centres de secours durant la saison. Dans les départements ruraux, il faut parfois attendre plus de 45 minutes pour voir arriver des secours. Comble de la situation, certains SDIS devront emprunter pour boucler leur budget de l’année. Ce qui est impensable pour les militants de la CGT SDIS.

En cause : des moyens financier et matériels revus sans cesse à la baisse, mais aussi un manque massif de personnel à mettre en parallèle d’une activité qui augmente sans cesse.

Les pompiers au bout du rouleau

En plus du manque de moyens, les pompiers payent les pots cassés de la destruction des autres services publics. « Pas plus tard que ce week-end, en PACA, les ambulances des pompiers ont du patienter parfois jusqu’à 5 heures devant les Urgences, immobilisant les véhicules et les hommes, incapables de répondre à leurs missions sur l’intervalle » dénonce Laurent Guilloteau. En cause, le sous-investissement dans la santé qui met les services en tension, poussant les pompiers à assurer des missions comme les transferts inter-hospitalier qui impactent leur capacité à répondre aux Urgences.

Depuis plusieurs années, ils font face à une forte crise des vocations. Plutôt qu’un événement fortuit, la CGT des SDIS pointe du doigt une situation largement encouragée par les politiques publiques. Petit à petit, ils assistent à la disparition de nombreux postes statutaires, remplacés par des missions confiées à des pompiers volontaires, exploités dans un total non-respect des règles liées au repos et aux prises de services.

« Certains volontaires nous ont informé qu’ils avait fait plus de 400 heures durant les 2 mois d’été, soit près de 45 heures par semaine » témoigne le pompier. De quoi comprendre pourquoi la ressource du volontariat s’épuise peu à peu.

« Les pompiers sont fatigués, ils ont passé une saison en enfer. » Malgré tout, la grogne ne diminue pas. Femmes et hommes sont lassés de voir leurs SDIS tourner à vide, de voir que les promesses de recrutements n’aboutissent pas malgré les difficultés mises en lumière cet été.

Reconstruire l’attractivité de la profession

Au-delà de la bataille à mener dans la rue, la CGT des SDIS appelle à reconstruire l’attractivité de la profession, redonner aux pompiers l’envie de venir au travail. Ces demandes se retrouvent massivement dans les services où les pompiers réclament que le travail effectué soit valorisé et reconnu à sa juste valeur, y compris financièrement.

Bien que la CGT ne poursuive pas l’objectif de 100% de sapeurs professionnel, face à une situation de dégradation des effectifs jamais vu, elle appelle à renforcer les structures notamment via l’organisation de concours et la mise en place de plans de recrutement ambitieux et concrets.

En parallèle, l’organisation milite pour que l’engagement des volontaires puisse être reconnu dans le calcul de leur retraite comme à travers la prise en compte des maladie professionnelles. Ils mènent également un combat de tous les jours pour mieux les protéger en cas d’accident de service en leur donnant les mêmes garanties qu’aux professionnelles.

La CGT des SDIS mène également de front deux grands chantiers de reconnaissance des cancers découlant de la toxicité des fumées et à l’amiante comme maladies professionnelles pour tous les pompiers, professionnelles comme volontaires.

Alors que les médias annoncent que de nombreuses plages ne seront pas surveillées pendant les JO de Paris, faute de CRS, les pompiers craignent que ce temps fort soit révélateur, avec perte et fracas, de nos failles en matière de sécurité civile. Espérons que les messages portés par la CGT des SDIS passent et que les élections dans les fonctions publiques du mois de décembre leur donne la force de les porter au plus haut.

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